Deux Français soupçonnés de trafic d’organes tués à Madagascar

J’ai appris le début de l’histoire il y a quelques jours lorsque des jeunes ont demandé à mettre une affiche sur mon mur. Une affiche pour la recherche de leur camarade disparu… En me renseignant un peu j’appris que 3 enfants avaient déjà disparu, triste histoire qui commence et qui finit encore bien pire…
L’histoire est encore floue, je n’ai pas toute les infos mais tout a commencé hier, mercredi 03 Octobre dans la matinée, lorsqu’un des enfants disparues quelques jours plus tôt a été retrouvé, d’après ce qui a été dis, mort et découpé en morceaux.

Selon l’express :

C’est un rapt d’enfant qui a viré en échauffourée meurtrière. « Un garçonnet de sept ou huit ans n’a plus donné aucun signe de vie depuis ven­dredi. Soupçonné d’avoir enlevé ce jeune garçon, un individu a été livré par ses proches même au commissariat dans la matinée, aux alentours 10 heures», explique le général Ran­driamaro. À l’entendre, l’organe mixte de conception (OMC) tenait à ce moment une réunion portant sur la sécurisation des élections au siège du district. Aussitôt, les personnes qui l’ont appréhendé s’y sont ruées pour le présenter à l’OMC.
«Le rapt n’a pas encore été communiqué aux forces de l’ordre et aucune plainte s’y rapportant n’a encore été déposée. Seuls des membres de la famille du suspect l’avaient dénoncé. Les autorités ont commis l’irréparable en prenant cette affaire à la légère. Préoccupées par l’objet de leur réunion, elles ont expliqué qu’une enquête sera ouverte. L’individu incriminé a été de ce fait confié à ses proches dont l’adresse est connue », rapporte l’officier général.

C’est une version qui tient la route mais qui n’explique pas tout non plus. Par la suite, d’une manière ou d’une autre, la personne appréhendée c’est retrouvée au commissariat de police.

Les émeutiers ont alors exigé que lui soit remise l’individu afin qu’il soit jugé par eux et sur une place publique, ce que les forces de l’ordre ont refusé bien sur, avançant qu’une enquête devait être faite. L’individu a alors pu partir à bord d’un véhicule, ce qui n’a fait qu’augmenter la colère de la foule qui s’est rendue à la brigade de gendarmerie d’Ambonara, convaincue que l’individu y a été emmené.  Malgré la déclaration du commandant de la Compagnie quant au fait que l’individu ne s’y trouvait pas, la foule n’a pas quitté les lieux, insistant pour que lui soit livré l’individu. Ont commencé alors les jets de pierre et les actes de vandalisme s’en sont suivis. Les gendarmes ont tiré afin de disperser la foule, celle-ci a encore riposté par des jets de pierre, des épiceries, des kiosques et une voiture qui se trouvait à proximité ont été incendiées. Les policiers sont venus en renfort, les tirs ont fait trois blessés dont un est mort à l’hôpital.
La foule, en colère de ne pas avoir obtenus l’individus, s’en est pris aux maisons des gendarmes, dont “huit ont été déjà incendiées par les émeutiers”, selon le général de gendarmerie. Une pensée à ses gendarmes qui ont du passer un moment difficile, comme leurs familles…

On peut lire dans plusieurs articles :

“Les émeutiers ont procédé à une chasse à l’homme contre des ‘vazaha’ [les étrangers européens, en langue malgache], ce qui a abouti à la mort de deux vazahas”

La façon de présenter la chose est légèrement ambigu sur la partie “contre les vazahas”, je précise que ce n’est pas une chasse contre tout les vazahas, mais contre les responsables / tueurs, non tout les vazahas … En effet, une petite foule est venu chez moi, une sois-disante rumeur disant que j’hébergeais ses personnes (merci à ceux ci d’ailleurs)…. Bien sur c’est totalement faux, ainsi je suis allé à leurs rencontres et ils ont demandé à fouiller le bâtiment, ceci sans agressivité ni autre envers moi ni envers les clients, donc pas une chasse au vahaza mais au meurtrier, ce qui est différent.

Quant aux deux personnes tués, ce qu’il en ressort à ce jour :

Les deux étrangers sont des Français, nommés Sébastien et Roberto, ils ont avoué sous la torture (des émeutiers) avoir commis des trafics d’organes” précise l’adjoint du commandant de la gendarmerie nationale, le général Guy Bobin Randriamaro

Cependant la gendarmerie n’a pas clarifié la nature des soupçons, et n’a pas indiqué si le “trafic d’organes” était lié à un trafic à but médical ou à des pratiques locales de sorcellerie. Mais à la date d’aujourd’hui, ce n’est pas encore finit semble t’il. D’après ce que j’ai entendu, la montée se fait sur le Nord de Nosy Be, les deux français ayant donné le nom de leurs complices avant d’être exécuté.

Vindicte populaire à craindre ?

Non, mais ne sortez pas pour autant si vous êtes sur Nosy Be. Les malgaches sont un peuple doux mais quand ils estiment que les limitent sont franchies, ils les franchissent eux aussi ! Mais ils restent doux et contrairement à ce que je pensais ont sut faire la part des choses (je dois avouer ne pas avoir été très fier durant ce moment…). La foule recherche les criminels et veulent faire justice eux même sans passer par notre loi internationale, pas une justice aveugle contre n’importe quel vazahas.

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Avant tout chose, ce blog est indépendant, écrit pas un résident de Madagascar amoureux de ce pays. Vous trouverez ainsi sur Nosy Be Island, des conseils, des astuces, des bons plans, des réflexions et tout ce dont je peux avoir envie de parler …

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