Jusqu’à maintenant j’ai encore des souvenirs douloureux de Maki Run. Mal aux cuisses, mollets enflés et je ne sais pas si j’ai encore envie de recommencer… Pourquoi ? Car j’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas !

Cette édition 2017 est ma première fois au Maki Run, une course qui a lieu chaque année à Nosy Komba. Il y a  les babyrun, le public, les organisateurs, et il y a moi, la fille au tee-shirt jaune.

Komba - Maki Run 2017
Photo @Maki Run

Retour sur le top départ avec motivation à bloc !

J’essayais de me faire de la place parmi la foule, mais ça m’ennuyait. En effet j’ai raté le départ de la course, (raté l’inscription) il ne me restait plus qu’une chose à faire : attendre l’arrivée des gagnants. Au début je suis simplement venue rédiger une simple actualité sur la 5e édition de Maki Run mais je me suis posée la question : comment je me débrouillerai si je faisais ce circuit ?  Sur un coup de tête, j’ai décidé de suivre la trace des trailers en respectant la règle d’or : éviter de ne pas me perdre.

« Il y a deux balises, rouge et jaune, le rouge pour le 20 km et le jaune pour le 30 km, dès qu’il y a un sentier croisé, juste suivre la balise rouge »

Cette consigne m’a aidé à m’orienter durant mon parcours. Il est déjà 8h quand je commence mon ascension.
A ce moment-là, ma motivation est à 1000/100 ! Le premier sentier traverse le parc animalier et les boutiques, très facile. Si facile que les ados en ont fait un sprint laissant la petite vieille que je suis à l’arrière du peloton. Mais cela ne m’empêche pas de continuer mon périple.

En arrivant à un point de circuit nommé AKIBA, on remarque deux sentiers différents. L’un pour le chemin du retour et l’autre pour le circuit . Je décide bien sur de continuer, toute seule, sur une terre que je connais à peine. En même temps que je prend des photos, plusieurs coureurs reviennent sur leur pas, cause d’abandon. Et les ados qui reviennent de leur course en faisant une course de vitesse. De mon côté, j’ai arrêté mon parcours dans un village au sud d’Ampangoriana, Anjiabe. En tout, j’ai parcouru environ 11 km allant du village principal jusqu’au sud de l’île.

Pointage coureurs

A Anjiabe, j’étais simplement déconnectée du monde et fatiguée. A chaque fois que je demandais à un bateau de me ramener à Hell-Ville ou à Ampangoriana, personne ne pouvait y aller. Par chance, il y a eu un bon samaritain qui a voulu me ramener à Ampangoriana,  monsieur le maire en personne.

Un parcours extrême à des limites incontestables

Le point fort de Nosy Komba est sans conteste la nature, riche et préservée. Même ses chemins sont préservés ! Une fois dans les entrailles de l’île, on a peu de chance de s’en sortir intact au vue des dénivelés extrêmes et glissants.

Mon moment fatidique dans la course : une pente glissante. On aurait dit qu’à cet endroit il y avait constamment des glissements de terrain. Si vous n’avez pas les chaussures adéquates, vous risquez de vous blesser. Durant mon parcours Ampangoriana-Anjiabe, j’étais tombée deux fois dont la première se passait sur une pente glissante. Pas de séquelles mais mon moral en a pris un sacré coup ainsi que mes fesses. La deuxième se passait sur un cours d’eau où les rochers étaient humides, glissant et pointu.

Maki Run, réservé aux hommes ?

Photo @Maki Run

Absolument pas, des femmes y participaient également. Et encore, c’est uniquement si nous pouvons parler d’hommes et de femmes car pour moi ce sont des titans. Le parcours présentait des obstacles que seule une personne surentraînée ou un vrai randonneur pourrait franchir avec facilité : amas de pierres, terrains et pentes glissants, cours d’eaux, etc… Et pourtant les villageois y sont confrontés chaque jour, pied nus ou en longue. Un courage indéniable surtout lorsque que l’on croise un ancien portant un amas de bois sur ses épaules, ceci sur plusieurs kilomètres.

Résultat de la course

Je n’ai pas eu l’occasion de prendre en photos les gagnants mais j’ai fait connaissance avec  des participants au retour de Hell-Ville qui m’ont donné leur impression sur Makirun.

L’expérience ce n’est pas seulement tes erreurs du passé, mais aussi tes victoires sur l’avenir  . R. Back

Un jeune de 27 ans et un homme d’une cinquantaine d’année environ. Ils avaient tous les deux participé au 30 km Trail. Le plus jeune qui était assis à côté moi durant le trajet était un habitué de la course, il a participé à 4 éditions de Makirun et toujours fini dans les 5 premiers. Quant au plus âgé, pour sa première participation, il fait partie des 3 premiers dans la catégorie des vétérans.

A noter que pour cette année, l’événement a reçu 72 participants dont 44 ont opté pour le 20 km et 28 pour le 30 km. Découvrez les noms des gagnants de la 5e édition.

Quelques conseils pour éviter les mésaventures

Maki Run est une course qui mérite sans conteste un entraînement, par contre ces randonnées sont bien sur possibles en randonnée toute l’année. Quelques conseils pour profiter pleinement de votre passage à Nosy Komba :

  • Emmenez le strict minimum : Un sac à dos trop lourd risque de gêner. Un appareil photo (vous risquez de le regretter autrement), de l’anti-moustique (ils sont nombreux et n’épargnent personne), une bouteille d’eau.
  • Équipez-vous correctement : Des chaussures de marches !
  • Prenez le numéro de téléphone d’un piroguier : Ce qui n’a pas été mon cas
  • Dormir à Nosy Komba :  Que ce soit pour une randonnée ou pour de la farniente, Nosy Komba avec ses lémuriens, artisans et boutiques souvenirs est un lieu idéal pour se ressourcer. Niveau hôtels, vous trouverez pour tous les budgets, de 15€ à 80€ / nuitée
  • Derrière chose : Ne surestimez jamais votre valeur et admettez que vous êtes fatigué. Si vraiment vous sentez que vous ne pouvez plus avancer, alors stoppez. J’ai fait l’erreur de partir dans une aventure qui n’est pas à mon niveau et au final je me suis égarée à Anjiabe. Et puis, ne partez jamais seul dans l’aventure.

Est-ce que j’ai regretté ?

Je n’ai rien regretté de cette journée. Oui j’ai raté la remise des prix, oui j’ai eu quelques malheurs par-ci par-là, oui tout mon corps est endolori mais tout cela fait partie de l’aventure.Pour moi ça a été une sacrée expérience mais pour la prochaine édition, c’est décidé je vais être sage (ou pas), je serai dans le rang des spectateurs (ou plutôt des gagnants).

SourcePhoto @Maki Run
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